Le 9 avril 2026, Inodis tenait sa conférence de presse annuelle à Paris. Lorin Valton, directeur d’Inodis France, y présentait une échéance qui concerne directement des milliers de pros du transport. Concrètement, à partir du 1er juillet 2026, les VUL qui franchissent des frontières devront embarquer un tachygraphe homologué. Et beaucoup d’entreprises ne sont pas encore prêtes.
Qui est Inodis ?
Lorin Valton a fondé Inodis en 2018, après avoir été directeur technique chez Stoneridge. Depuis, la société distribue exclusivement les tachygraphes Stoneridge en France. En pratique, Inodis accompagne ateliers agréés, transporteurs et gestionnaires de flotte à chaque échéance réglementaire. Concrètement, la société a traversé toutes les vagues du Paquet Mobilité depuis sept ans. Ainsi, l’échéance VUL de 2026 est la plus importante depuis sa création.
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Ce que dit la réglementation
Le Parlement européen a adopté le Paquet Mobilité I le 9 juillet 2020. Ce texte vise à harmoniser les règles sociales du transport routier en Europe. Par ailleurs, il cherche à rétablir une vraie concurrence équitable entre opérateurs de différents pays.
Depuis, les échéances se sont enchaînées. En 2023, les véhicules neufs devaient embarquer un Tachygraphe Intelligent 1C V2. En 2024 puis en août 2025, les flottes déjà en circulation ont dû passer au rétrofit. Concrètement, ces deux vagues concernaient les poids lourds et les utilitaires de plus de 3,5 tonnes.
À partir du 1er juillet 2026, le règlement 561/2006 intègre les véhicules dépassant 2,5 tonnes. En pratique, tout VUL qui traverse une frontière dans le cadre d’une opération commerciale doit embarquer un tachygraphe Gen 2 V2. Ainsi, un Renault Trafic, un Peugeot Expert ou un Ford Transit Custom sont directement dans le viseur.
Qui est vraiment concerné ?
Pour le transport national, rien ne change. Le tachygraphe reste obligatoire seulement au-delà de 3,5 tonnes de poids total roulant. Ainsi, un artisan qui circule uniquement en France sans remorque n’est pas concerné par cette nouvelle règle.
En revanche, dès qu’un VUL de plus de 2,5 tonnes passe une frontière dans le cadre d’une opération commerciale, toutes les obligations s’appliquent. Concrètement, c’est le même niveau d’exigence que pour un poids lourd : licence communautaire, cartes conducteur et société, téléchargement des données, inspections périodiques.
Par ailleurs, la définition du transport international est large. Elle couvre les voyages entre deux États membres, mais aussi les voyages à vide effectués conjointement avec une opération internationale.
Anticiper, la priorité selon Lorin Valton
Lors des précédentes vagues de rétrofit, les retardataires ont payé le prix fort. En pratique, une intervention tachygraphe prend en moyenne deux heures dans un atelier non surchargé. Pourtant, dès que tout le monde se précipite en même temps, les délais s’envolent.
Pour accompagner l’échéance VUL, Inodis a organisé 9 webinaires de formation en 2026, rassemblant 150 participants. En parallèle, la société a constitué un réseau d’experts spécialisés dans les installations sur adaptateurs M1N1. Concrètement, la liste des ateliers agréés est disponible directement sur inodis.fr.
Ce que le tachygraphe Gen 2 V2 change vraiment
Le modèle distribué par Inodis est le Stoneridge SE5000 Smart 2. Depuis mai 2025, une nouvelle version intégrant la technologie OSNMA est disponible à la commande. Concrètement, les évolutions par rapport aux générations précédentes sont importantes.
En pratique, la capacité de stockage passe de 28 à 56 jours d’activités enregistrées. Désormais, les périodes de chargement et déchargement sont aussi enregistrées avec leur localisation. Par ailleurs, les passages aux frontières se détectent automatiquement via le GNSS, sans saisie manuelle. Ainsi, les risques d’oubli ou d’infraction diminuent vraiment.
Pour les contrôles sur route, l’interface DSRC permet aux forces de l’ordre d’interroger le tachygraphe à distance, sans immobiliser le véhicule. À noter : les SE5000 Smart 2 déjà installés peuvent recevoir la mise à jour OSNMA via un simple upgrade logiciel, sans changer le matériel.
L’installation dans un VUL, ça se prépare
Installer un tachygraphe dans un VUL, ce n’est pas la même chose que sur un poids lourd. En pratique, deux cas de figure existent selon le type de boîte de vitesses.
Premièrement, certains véhicules ont un emplacement prévu pour un capteur de vitesse sur la boîte. Dans ce cas, la connexion se fait directement entre le capteur BV, le signal GNSS et le module DSRC. Concrètement, c’est l’installation la plus simple.
Deuxièmement, d’autres VUL n’ont pas cet emplacement sur la boîte de vitesses. Il faut alors ajouter une interface M1N1 pour convertir le signal vitesse. En pratique, plusieurs modèles courants relèvent de ce second cas. Ainsi, vérifier la compatibilité du véhicule avant toute commande est vraiment indispensable.
Un marché qui s’organise
L’échéance du 1er juillet restructure aussi les réseaux de service autour du VUL. Ce matin, Iveco publiait un signal qui va dans ce sens. Bertrand Coquidé, concessionnaire historique de la marque via COVI Camions et Bus, a repris au 1er avril 2026 l’activité de Leleu et Compagnie à Valenciennes. Concrètement, il renforce sa présence dans le nord de la France, une région à forte densité de transporteurs opérant vers la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. Ainsi, à trois mois de l’échéance, les réseaux de services s’organisent là où la demande sera la plus forte.
Ce qu’Inodis propose concrètement
Inodis intervient sur quatre domaines pour accompagner les pros du transport.
Le tachygraphe, d’abord, reste le coeur de métier de la société. Inodis installe les équipements Stoneridge via son réseau montachy.fr et propose l’outil LABTAC pour le suivi de conformité des flottes.
En parallèle, Inodis distribue des éthylotests anti-démarrage à la location via locationEAD.fr. En pratique, cette solution progresse vite dans les entreprises soumises à des obligations internes de sécurité.
Par ailleurs, la plateforme Ubbeo Fleet permet de suivre en temps réel la position et l’état des véhicules. Elle intègre aussi Ubbeo TachoPross pour le téléchargement et l’analyse automatisée des données tachygraphes.
Enfin, Inodis propose deux solutions de vision embarquée. La DashCam CV200 enregistre automatiquement les événements critiques et diffuse un flux vidéo en temps réel depuis Ubbeo Fleet. Le CornerEye d’Orlaco affiche quant à lui une vue à 185 degrés sur un écran embarqué, pour éliminer les angles morts en manoeuvre.
Et après 2026 ?
La réglementation continue d’évoluer. Le règlement UE 2024/1258, applicable depuis le 22 mai 2024, introduit des flexibilités pour le transport occasionnel de passagers. Concrètement, la pause de 45 minutes peut désormais se découper en deux pauses d’au moins 15 minutes. En pratique, le temps de service journalier peut aussi être prolongé d’une heure sur les voyages de plus de 6 jours.
Par ailleurs, la Directive Omnibus est en cours d’examen à la Commission européenne. Elle pourrait permettre aux États membres d’exempter les VUL électriques jusqu’à 4,25 tonnes, affectés exclusivement au transport intérieur, de l’obligation tachygraphe. Ainsi, c’est un signal fort en faveur du développement du VUL électrique en livraison urbaine.
La deadline approche
Pour les entreprises dont les VUL de plus de 2,5 tonnes franchissent des frontières, il reste moins de trois mois. Pourtant, trop d’entreprises attendent encore. Concrètement, contacter un installateur agréé maintenant pour vérifier la config de chaque véhicule, c’est la meilleure décision à prendre.
Rouler sans tachygraphe conforme, c’est s’exposer à une amende immédiate. En cas de sinistre, l’assureur peut aussi refuser l’indemnisation si un manquement réglementaire est établi. Ainsi, pour ceux qui opèrent en international, se mettre en conformité avant le 1er juillet n’est vraiment pas une option.




