Il y a des lancements qu’on voit venir de loin. Et puis il y a ceux qui arrivent avec un vrai argument. Le G4+ de Goupil fait partie de la deuxième catégorie. La marque française, spécialiste du véhicule utilitaire électrique depuis 1996, sort un modèle qui comble enfin le vide entre son G4 classique et son grand frère le G6. Plus confortable, mieux équipé, conforme aux nouvelles normes de sécurité, il coche beaucoup de cases. Et il arrive à un moment où le marché de l’électrique professionnel est plus sous pression que jamais.
Goupil, 30 ans d’électrique sans jamais avoir fait autrement
Avant de parler du véhicule, un peu de contexte. Goupil n’est pas un constructeur thermique en train de se reconvertir à l’électrique. La marque a toujours fonctionné comme ça, depuis sa création par deux ingénieurs en 1996. Aujourd’hui, elle emploie environ 200 personnes, compte plus de 2 000 clients en France et a livré 30 000 produits au total. Son chiffre d’affaires attendu cette année tourne autour de 74 à 75 millions d’euros. L’export représente environ 70 % de l’activité, avec des marchés comme les Pays-Bas ou l’Espagne en bonne position.
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Concrètement, tout se passe dans une usine, que nous avions visité, équipée de trois lignes de production : une pour le G2, une pour le G4 et une pour le G6. Les bancs d’essai ont nécessité un investissement d’environ 500 000 euros. Le carrossage se fait en interne. Autrement dit, Goupil maîtrise sa chaîne de bout en bout, et ça se ressent sur la qualité finale.
Ce qui change vraiment avec le G4+
Le G4+ ne sort pas d’un coup de baguette magique. Goupil a d’abord réalisé deux préséries avant de lancer la production industrielle à la rentrée. La première a permis de tester le véhicule sur le terrain en conditions réelles. La seconde a servi à former les opérateurs et à corriger les derniers détails. Plus de 10 millions d’euros ont été investis dans ce projet. Ce n’est pas un simple restylage.
Côté chiffres, le G4+ mesure 4,37 mètres de long et offre 1 235 kg de charge utile. Sa vitesse est limitée à 70 km/h. En pratique, c’est le bon équilibre pour les usages urbains et périurbains qui constituent l’essentiel du marché. Ce qui fait vraiment la différence au quotidien, c’est l’abaissement du seuil d’entrée d’environ 8 centimètres grâce au système Steady Step Up. Pour un conducteur qui monte et descend cinquante fois par jour, c’est loin d’être un détail. La direction a aussi été retravaillée avec le partenaire JITEC pour un meilleur ressenti au volant.

Sécurité : le G4+ arrive pile au bon moment
Le timing est parfait, et ce n’est pas un hasard. La nouvelle norme GSR2 entre en vigueur le 7 juillet. Le G4+ est conçu pour y être conforme dès le départ. En pratique, ça signifie ABS, ESP, frein de stationnement électrique (EPB), protection renforcée contre les chocs latéraux et frontaux, tests d’arrachement de ceintures validés. Le véhicule respecte également les normes de cybersécurité 155 et 156. Autrement dit, les gestionnaires de flotte n’auront pas à se poser de questions au moment de l’immatriculation.
Batterie et autonomie : pas besoin de 100 kWh pour livrer des colis
Goupil ne cherche pas à impressionner avec des chiffres de batterie démesurés. Deux tailles sont disponibles : 20 kWh et 30 kWh. L’autonomie annoncée monte jusqu’à 187 kilomètres. En pratique, la grande majorité des clients roulent entre 70 et 80 kilomètres par jour. C’est largement suffisant. Seul un acteur comme Picnic, spécialisé dans la livraison de courses à domicile, peut pousser les usages bien au-delà de ces limites.
Le chargeur embarqué monte jusqu’à 6,6 kW. Par ailleurs, les batteries affichent une vraie longévité sur le terrain. Certains G5 datant de 2015 n’ont toujours pas nécessité de remplacement de batterie en 2026. Cela s’explique par des cycles de recharge lents et un usage modéré, deux conditions faciles à réunir dans un contexte professionnel classique.
La connectivité, le vrai atout caché du G4+
C’est peut-être là que Goupil marque le plus de points. Le G4+ embarque une plateforme connectée développée avec Sibros. Chaque véhicule remonte en temps réel des données concrètes : codes défauts, historique de charge, localisation GPS, kilométrage, heures d’utilisation. Les mises à jour logicielles s’effectuent à distance via la 4G ou la 5G. Pour un gestionnaire de flotte, c’est un outil de pilotage précieux.
Cette connectivité est incluse pendant deux ans avec la garantie. Ensuite, Goupil envisage un abonnement d’environ 10 à 15 euros par mois et par véhicule. Des capteurs additionnels peuvent aussi être installés : température des cellules de batterie, capteur de charge sur les bennes pour facturer au poids transporté. En somme, le véhicule devient une source de données utiles, pas seulement un outil de transport.

Une offre de services qui va bien au-delà du véhicule lui-même
Acheter un Goupil, c’est entrer dans tout un écosystème. La marque propose des contrats de maintenance full-service avec trois passages par an sur site. Chaque intervention dure entre deux et deux heures et demie. Le coût est d’environ 80 à 100 euros par mois, souvent intégré dans le loyer. En cas de panne, un véhicule de remplacement est fourni. Pour les flottes municipales ou les entreprises logistiques, c’est un confort opérationnel réel.
La Goupil School forme par ailleurs les techniciens clients et les équipes communales à la maintenance. Des formules LLD et LOA sont disponibles pour ceux qui préfèrent éviter l’achat. Des véhicules reconditionnés sont aussi proposés à la location ou à la revente, à partir d’environ 10 000 à 15 000 euros. Ainsi, l’accès à la gamme Goupil ne passe pas forcément par un budget neuf.
Face aux constructeurs chinois, la carte de la valeur totale
Soyons honnêtes : le G4+ n’est pas le moins cher du marché. Il coûte environ 15 % de plus que le G4 standard. Une offre complète équipée tourne autour de 50 000 euros, après déduction des aides disponibles selon les cas. Et la concurrence low-cost, notamment les constructeurs chinois capables de proposer des prix inférieurs de 30 % ou plus, est bien réelle.
Pourtant, Goupil ne prétend pas jouer sur le même terrain. La marque mise sur la fabrication majoritairement européenne, environ 70 % de pièces locales, et sur la densité de son écosystème. En effet, un véhicule Goupil vient avec la connectivité, la formation, la maintenance sur site et la capacité de carrossage sur mesure. C’est cette combinaison que les acteurs low-cost ont du mal à reproduire. Et c’est précisément là que se construit la fidélité des 2 000 clients déjà dans le parc.
La prochaine étape
La production industrielle démarre à la rentrée. Les premières livraisons du G4+ sont attendues dans la foulée. Avec un objectif de 2 500 véhicules vendus en 2026, Goupil mise sur une montée en cadence progressive. Le G4+ a clairement vocation à devenir le nouveau coeur de la gamme. Reste à voir comment le marché lui réserve son accueil.
FAQ
Quelle est l’autonomie du Goupil G4+ ?
Le G4+ existe en deux batteries LFP : une autonomie jusqu’à 187 km avec sa batterie LFP de 30 kWh (tension de 96 V), et une version 20 kWh annoncée jusqu’à 124 km. Dans les faits, la plupart des usages tournent entre 70 et 80 km par jour, ce qui laisse une vraie marge. La recharge se fait sur une prise domestique en une nuit (5 à 8 heures), avec un chargeur embarqué de 6,6 kW et une option Type 2 pour les bornes publiques.
Faut-il un permis pour conduire un Goupil G4+ ?
Oui, le permis B. Le G4+ est homologué N1 à deux places avec une vitesse de pointe à 70 km/h, et le permis B est requis pour conduire nos véhicules homologués Quadricycles ou N1 sur route ouverte. Contrairement au G4, il n’existe pas de version sans permis bridée à 25 km/h sur le G4+ : pour le marché français, nous proposons une homologation VASP (G4 uniquement) qui rend le véhicule accessible aux non-titulaires du permis de conduire. Pour tracter au-delà de la tonne, le permis remorque est nécessaire.
Quel est le prix d’un Goupil G4+ ?
Goupil situe le G4+ à environ 15 % au-dessus du G4, soit autour de 50 000 € pour une offre complète équipée, avant aides (chiffre constructeur). En homologation N1, le véhicule ouvre droit à la récupération de TVA et au bonus écologique — Goupil mentionne un bonus écologique jusqu’à 4 000 €, montant à vérifier selon le barème en vigueur en 2026. Des formules LLD et LOA existent, et des véhicules reconditionnés sont proposés à partir de 10 000 à 15 000 € pour un accès à moindre budget.
Quelle est la différence entre le G4 et le G4+ ?
Le G4+ s’intercale entre le G4 et le G6 et reprend la base technique du G4 (charge utile résiduelle supérieure à la tonne, gabarit compact). Les écarts : une vitesse portée à 70 km/h contre 50, des batteries LFP de 20 ou 30 kWh (jusqu’à 187 km), un seuil d’accès abaissé d’environ 8 cm via le système Steady Step Up, une direction assistée réduisant l’effort au volant d’environ 50 %, la conformité à la norme de sécurité GSR2 et une plateforme connectée développée avec Sibros. Le tout pour un tarif environ 15 % plus élevé.
Le Goupil G4+ est-il fait pour les artisans ou plutôt les collectivités ?
D’abord pour les collectivités, les services de propreté urbaine et d’espaces verts, les exploitants de sites et la livraison du dernier kilomètre. Pour un artisan indépendant qui enchaîne les kilomètres sur route (plombier, électricien en intervention), un VUL classique reste en général plus adapté. Le G4+ prend tout son sens en usage urbain et périurbain confiné, avec arrêts fréquents et faible kilométrage quotidien : c’est un outil de métier de terrain plus qu’un fourgon polyvalent.




