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Comment recharger son utilitaire électrique quand on est artisan.

utilitaire electrique en charge

Imaginons la scène. Il est 18h, retour de chantier. Le fourgon électrique est garé devant le dépôt ou dans la cour de la maison. On branche. On rentre. Le lendemain matin, la batterie est pleine. C’est aussi simple que ça, pour la grande majorité des artisans. La recharge est souvent le premier frein évoqué face à l’électrique. Pourtant, elle se règle presque toujours plus facilement qu’on ne le pense.

La wallbox : l’investissement qui change tout

Une fois le choix de votre véhicule utilitaire électrique fait, vient la réfléxion de la recharge. La borne de recharge murale, ou wallbox, c’est le point de départ indispensable pour tout artisan qui veut utiliser un utilitaire électrique au quotidien. Installée au garage, au dépôt ou sur un local professionnel, elle délivre entre 7,4 kW en monophasé et 11 à 22 kW en triphasé selon l’installation électrique disponible.

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Concrètement, une batterie de 75 kWh passe de 20 à 80 % en environ 4 à 5 heures avec une borne de 11 kW. Une nuit branchée, et le van repart plein. Les modèles connectés permettent de programmer la recharge en heures creuses, depuis une application. Au tarif EDF en heures creuses en 2026, soit environ 0,16 €/kWh, et avec une consommation réelle de 25 kWh/100 km, revient à environ 4 € pour 100 km. À titre de comparaison, un fourgon diesel consomme entre 14 et 18 € pour la même distance. L’avantage économique est immédiat et durable.

Le budget pour une wallbox installée par un professionnel certifié IRVE se situe entre 1 200 et 2 500 € TTC. Depuis le 1er janvier 2026, le crédit d’impôt de 500 € a été supprimé. La TVA réduite à 5,5 % reste applicable sur la pose et le matériel, à condition de confier l’ensemble du projet à un installateur IRVE qualifié. En copropriété ou sur un parking collectif, la prime Advenir apporte jusqu’à 1 000 € par point de recharge, un programme prolongé jusqu’en 2027 avec un budget de 520 millions d’euros.

Et la prise classique dans tout ça ?

Une prise renforcée (Green’up) délivre 3,2 kW. Pour un petit utilitaire à batterie de 40 kWh, ça passe tout juste sur une nuit. Avec un grand fourgon de 75 ou 87 kWh, c’est trop lent pour être viable au quotidien. La prise domestique standard, elle, est carrément déconseillée par les constructeurs : risque de surchauffe, durée de recharge excessive. À réserver au dépannage ponctuel, pas plus.

Recharger au dépôt ou à l’atelier : le choix malin

Un artisan qui dispose d’un local professionnel a une vraie carte à jouer. Les locaux sont souvent raccordés en triphasé, ce qui facilite l’installation d’une borne plus puissante. Plusieurs véhicules peuvent être rechargés simultanément avec un système multi-bornes. Certains fournisseurs d’énergie proposent également des offres entreprises avec des tarifs négociés pour la recharge nocturne.

Dès deux ou trois véhicules dans la flotte, l’installation d’une infrastructure de recharge au dépôt devient vite rentable. Elle évite la dépendance aux bornes publiques et lisse les coûts d’énergie de façon prévisible.

Les bornes publiques : utiles, pas indispensables

Le réseau public compte environ 179 876 points de recharge en France fin 2025, dont 18 000 bornes rapides de 50 kW et plus. C’est en croissance, mais le réseau reste conçu pour les longs trajets, pas pour la recharge quotidienne d’un fourgon de chantier.

Les tarifs des bornes publiques rapides oscillent entre 0,35 et 0,79 €/kWh selon les opérateurs. Avec une consommation de 25 kWh/100 km, une recharge rapide revient à 8 à 20 € pour 100 km. L’avantage sur le diesel fond nettement. Pourtant, sur une journée de chantier éloignée du dépôt, une borne rapide DC change tout. Le Ford E-Transit accepte jusqu’à 115 kW en courant continu : de 20 à 80 % en moins de 30 minutes. Le Renault Master E-Tech est limité à 55 kW en DC : compter environ une heure pour la même recharge.

La fonction V2L : quand le van alimente ses propres outils

C’est la nouveauté qui intrigue les artisans en 2026. Le nouveau Renault Master E-Tech embarque une fonction V2L (Vehicle to Load). Une prise dans l’habitacle ou dans l’espace de chargement permet d’alimenter directement des outils ou des équipements depuis la batterie du véhicule. Lampe de chantier, perceuse, chargeur de tablette : le fourgon devient lui-même une source d’énergie sur site. Pour certains artisans, c’est une alternative crédible à la batterie auxiliaire classique, sans installation électrique supplémentaire.

Les temps de recharge à retenir

Pour une batterie de 75 kWh chargée de 20 à 80 % :

Prise renforcée (3,2 kW) : environ 14 heures. Wallbox 7,4 kW monophasé : environ 6 heures. En 11 kW triphasé : environ 4 heures. Borne publique AC 22 kW : environ 2h30. Borne rapide DC 50 kW : moins d’une heure. Au-delà de 100 kW en DC : 25 à 35 minutes.

Pour un usage professionnel quotidien, la wallbox en 11 kW reste le bon calibrage. Une nuit, c’est assez.

Le modèle qui fonctionne

Contrairement à ce qu’on entend parfois, l’artisan n’est pas le profil le plus exposé aux contraintes de l’électrique. L’artisan rentre chaque soir au même endroit, connaît ses distances à l’avance et peut installer une borne chez lui ou à son dépôt. Ce profil d’usage stable et prévisible est exactement celui pour lequel le fourgon électrique est conçu. Le seul vrai prérequis : avoir un point de recharge fiable. Tout le reste s’organise autour de ça.

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