Essai Goupil G6

Par Jean-Michel Lainé le .

On connait Goupil pour ses petits utilitaires électriques pour les espaces verts ou la propreté, moins pour la livraison. Avec cet essai du Goupil G6, la marque spécialiste des VU électriques propose un G6 destiné à la livraison du dernier kilomètre.

Essai Goupil G6

Livraison en ville ou intervention sur un chantier du BTP, ce sont les métiers que Goupil vise avec ce véhicule utilitaire électrique. On va plus loin qu'un petit périmètre de services locaux, on va voir avec cet essai du Goupil G6 que la marque voit plus grand et plus polyvalent.

Goupil G6, le VU électrique plus grand

C'est davantage une prise en mains qu'un essai mais c'est suffisant pour se rendre compte qu'avec ce Goupil G6, la marque présente l'utilitaire le plus imposant et le plus performant de son catalogue. Il peut accueillir plus de personnel avec 3 personnes, transporter plus de marchandises avec les 9 m3 de la caisse qui peut se mettre à la place de la benne qu'on a pour ce test, atteindre une autonomie de 150 kilomètres et une vitesse maximale de 80 km/h avec sa batterie de 28,8 kWh. Le revers de la médaille par rapport aux autres Goupil, c'est que le permis de conduire est obligatoire, ce n'est pas un VSP.

Goupil G6 avec plateau et ridelles pour ce test

En lançant son G6 en 2020, la marque avance un utilitaire bien différent des G2 et G4 qu'on connait même si Goupil a uniformisé le style de sa gamme avec cette nouvelle calandre notamment. L'esprit de la conception destinée aux professionnels avec une charge utile importante, un seuil de chargement bas (450 mm sur le fourgon, c'est une benne sur l'essai routier) et des facilités pour le carrossage sont toujours présents. Ce n'est pas une camionnette grand publique.

Goupil G6 avec sa caisse de 9 m3

Forcément avec un utilitaire plus grand, la concurrence le sera aussi avec des utilitaires plus connus sur ces dimensions comme sur cette charge utile. En revanche, la force de Goupil est de permettre de facilement adapter la carrosserie qu'il vous faut. On trouve les carrosseries les plus courantes au catalogue du G6 directement : une caisse de 9 m3 avec 637 kg de charge utile conducteur inclus et une benne avec 903 kg utiles conducteur inclus avec ou sans coffre. On peut aussi s'adresser à des carrossiers pour des caissons, bras de levage, nacelle, etc.

Vue de la porte latérale coulissante

Un confort en hausse

Vous allez dire que par rapport aux autres Goupil, il n'y a pas de mal. Mais ce G6 étant destiné à parcourir plus de distance et être utilisé plus longtemps, Goupil s'est naturellement penché sur le confort. On trouve dans le Goupil G6 de cet essai un tableau de bord digital en couleurs, un épais volant pour une bonne préhension, 4 buses de chauffage pour tous les occupants et pas mal de rangements. Les gros boutons sur la console sont robustes et s'utilisent avec des gants sans problème. Le plancher est plat sur toute la largeur pour sortir d'un côté ou de l'autre et il faut reconnaitre que l'ergonomie de l'assise est surprenante. La position de conduite est un peu haute, mais ce qui surprend le plus, c'est la pédale de frein qui n'est pas grosse comme souvent sur les véhicules en boîte automatique. Il faut prendre l'habitude.

Idée de l'espace à bord du G6, c'est bien plus grand que dans les autres Goupil

L'accueil ne fait pas tout. Sur le petit galop d'essai du Goupil G6, on n'est clairement pas dans un petit VU comme ceux qu'on connaît chez eux. C'est un utilitaire électrique routier avec des suspensions pseudo McPherson à l'avant et des bras tirés indépendants à l'arrière. A la conduite, le confort et le guidage sont bons et le G6 ne souffre pas d'un effet de rebond sur le train arrière même si on a roulé à vide sur cette prise en mains.

Accueil agréable à bord du G6

Un utilitaire pur et dur mais routier

Il est clair qu'en face de VU électriques de marques généralistes qui ont des versions VP, c'est-à-dire pour un usage familiale, on est à bord d'un utilitaire rustique même si c'est bien mieux que ce qu'on connait sur les autres véhicules de la marque. On le voit avec la fiche technique et en en prenant le volant. Inutile de faire des kilomètres pour s'en rendre compte. Il est homologué N1 pour 3 places seulement. Vous ne mettrez pas une cabine approfondie dedans. De toutes les façons, il ne mesure que 1704 mm de large. Si vous connaissez le G4, ce G6 est bien plus grand avec ses 4796 mm de long. C'est le remplaçant du G5 qui quitte le catalogue. S'il est rustique, il avance une charge utile impressionnante de 1151 kg à nu, c'est-à-dire sans la carrosserie et sans option mais avec le conducteur. Ça laisse de la marge pour une carrosserie. Il peut aussi tracter une remorque freinée de 1700 kg.

Nouvelle calandre inaugurée avec ce G6

Il est davantage routier que ses frères déjà parce qu'il peut atteindre 80 km/h et que son autonomie est de 150 kilomètres. Le G6 est aussi plus confortable et mieux équipé. On est plus proche d'une fourgonnette avec sa transmission aux roues avant, traction et pas propulsion comme les autres, une cabine derrière le train avant et non pas devant comme sur un G4 par exemple. La batterie et la motorisation électrique sont sous les sièges. C'est plus en adéquation avec l'autonomie et l'usage qu'avance Goupil.

Caisse avec pavillon opalescent et portes battantes à 270 degrés

Essai routier du Goupil G6

On n'a pas assez roulé pour se rendre compte de l'autonomie, mais cette prise en mains permet quand même de voir ce que ça donne au volant de la première fourgonnette électrique de Goupil. La traction du G6 est assurée par un moteur asynchrone Nidec 67 V AC qui développe une puissance de 62 kW (84,24 ch) et 182 Nm de couple pour un poids à vide de 1118 kg et un PTAC de 2600 kg.

Cable de recharge sous le siège passager

Pour passer en mode Drive, il faut lever le levier gauche derrière le volant. On part avec pas mal de pèche malgré le poids du G6. On s'insère dans le trafic facilement. Le Goupil G6 semble maniable et réactif sur ce petit essai. Les voies rapides urbaines sont envisageables sans problème même si on plafonne à 80 km/h. Pour évoluer en doucement, le dosage de l'accélérateur est fin.

Tableau de bord complet avec des infos sur sa conduite

Le freinage est régénératif. C'est classique sur les VUL électriques pour gagner en autonomie et moins solliciter les freins. On peut ajuster son intervention avec un petit bouton au levier gauche derrière le volant aussi. On part en mode normal, on peut en avoir un au-dessus, un en-dessous et un 4e qui désactive presque son intervention et la récupération d'énergie. Si vous roulez sur un sol glissant, neige ou boue, c'est pratique. Comme souvent, le niveau maximal évite de trop toucher au frein. On lève le pied et ça freine suffisamment pour suivre le flux du trafic. On ralentit tellement que les feux stop s'allument. Le mode en-dessous apporte de la fluidité dans la conduite mais ce n'est pas le plus pertinent des 4 modes à la conduite semble-t-il.

Pour changer de mode de récupération d'énergie

Bilan essai Goupil G6

L'ajout de ce Goupil G6 au catalogue marque l'arrivée du constructeur sur un segment routier où il n'était pas. On ne tourne plus en rond dans un espace vert. L'équipement et le confort en font une alternative réaliste pour des livraisons ou accéder à des chantiers en centre ville. On a une autonomie suffisante pour une tournée urbaine et une conduite proche d'un VU classique. Il a pour lui la charge utile importante et la possibilité de tracter 1700 kg. Côté tarif, le prix du Goupil G6 débute un peu en-deçà des 50000 euros. L'intérêt principal est que si vous avez besoin d'un carrossage spécifique, c'est une base bien plus facile qu'une fourgonnette standard pour un carrossier. Les possibilités sont grandes sur la base du G6 même si ses aptitudes routières sont moindres que chez des concurrents spécialistes de la fourgonnette. Comme pour un grand fourgon, on a un véritable châssis cabine chose qu'aucune fourgonnette électrique ou non ne propose. Ceux qui sont réfractaires à la conduite d'un véhicule électrique apprécieront le choix des niveaux d'intervention du freinage régénératif. Il faut en prendre l'habitude mais c'est très efficace et agréable au quotidien même si ça change la conduite. Après ce rapide test du Goupil G6, on peut dire que c'est une offre à étudier si vous cherchez un utilitaire électrique pour le travail au quotidien en ville. Il peut se placer face à d'autre VU de ce gabarit avec sans doute l'avantage d'un carrossage plus aisé.

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