Quatre noms, trois véhicules : le Citroën Berlingo Van, le Peugeot Partner et le Fiat Doblò sont un seul et même utilitaire Stellantis, face à un rival unique, le Renault Kangoo Van. Le Renault garde l’avantage du contenant, avec 4,3 m³ en L2, jusqu’à 4,6 m³ cloison à trappe ouverte, et 3,5 m de longueur utile. Le trio Stellantis reprend l’avantage sur la charge utile (jusqu’à 991 kg) et sur la maniabilité (10,8 m de braquage contre 11,3 m). En électrique, il passe devant sur ce qui compte le plus : 781 kg de charge utile contre 537 kg au Kangoo E-Tech — un déficit que la sobriété du Renault ne compense pas. Côté budget, le Doblò ouvre le bal à 23 600 € HT clés en main, et le Kangoo Van E-Tech affiche le coût de détention le plus bas sur trois ans, à 30 265 € HT sur 60 000 km, aide CEE déduite.
Ce comparatif s’appuie sur les tarifs constructeurs, les fiches d’homologation, les essais menés par nos rédactions et les relevés d’énergie du 30 juillet 2026. Nous avons écarté les chiffres de communication au profit des valeurs homologuées, qui racontent une autre histoire.
La suite de votre contenu après cette annonce
La méthode Utilitaire Pratique
Comparatif établi en juillet 2026 à partir des tarifs publics constructeurs (Fiat Professional et Peugeot au 02/02/2026, Citroën au 01/09/2025, Renault sur l’offre du 01/07 au 31/08/2026), des fiches techniques officielles, de l’essai du Kangoo Van L2 Blue dCi 115 mené par nos rédactions, du TCO Scope 2026 de l’Arval Mobility Observatory et des relevés de carburants du 30 juillet 2026. Charges utiles et volumes retenus : valeurs homologuées, jamais les arrondis commerciaux. Limite assumée : les quatre tarifs ne sont pas datés du même jour, un écart de moins de 600 € HT entre deux modèles doit donc être lu avec prudence. Dernière mise à jour : 31 juillet 2026.
Un Renault face à trois cousins : la donnée que les comparatifs oublient
Comparer un Berlingo à un Partner puis à un Doblò revient à comparer trois fois la même voiture. Les trois sortent des mêmes chaînes Stellantis, partagent la plateforme EMP2 dans sa déclinaison utilitaire compacte, le même 1.5 diesel de 100 ou 130 ch, la même boîte automatique à huit rapports, la même chaîne de traction électrique de 136 ch et la même batterie de 54 kWh. Cotes de chargement, braquage, autonomie : les fiches techniques se superposent, à quelques kilos près sur la charge utile selon les combinaisons de motorisation. Le Toyota Proace City et l’Opel Combo appartiennent à la même famille.
Le vrai duel oppose donc le Kangoo à une plateforme, pas à trois concurrents. Et entre les trois cousins, l’arbitrage ne se joue pas sur la technique — elle est commune — mais sur trois paramètres que personne ne met dans les tableaux.
Le prix d’abord. Fiat positionne systématiquement le Doblò 800 à 1 000 € HT sous ses cousins, à équipement comparable.

Le réseau ensuite. Au 1er janvier 2026, Renault et Dacia alignent 3 184 points de vente en France sur un réseau partagé, Peugeot 2 177, Citroën 1 809 et Fiat Professional 466. Un artisan qui achète un Doblò accepte un maillage près de sept fois moins dense qu’un réseau Renault, et quatre fois moins qu’un réseau Peugeot, pour un véhicule mécaniquement identique à un Berlingo. Deux nuances s’imposent : ces totaux cumulent concessions et agents commerciaux, et les ateliers Stellantis sont partiellement mutualisés, ce qui adoucit l’écart réel en après-vente.
La garantie enfin. Citroën couvre le Berlingo Van et le ë-Berlingo Van jusqu’à 8 ans ou 160 000 km via We Care, à condition que chaque entretien passe par le réseau agréé : la couverture se réarme d’une révision à l’autre. Peugeot s’en tient à 2 ans de garantie contractuelle, l’extension relevant du contrat payant Peugeot Care. Fiat annonce 2 ans, 8 ans d’anti-perforation et 10 ans d’assistance Connect ONE. Renault reste à 2 ans en France, avec 8 ans ou 160 000 km sur la batterie de traction.
Le tableau de bord des quatre fourgonnettes
| Critère | Renault Kangoo Van | Citroën Berlingo Van | Peugeot Partner | Fiat Doblò |
|---|---|---|---|---|
| Prix diesel d’entrée HT | 25 600 € (L1 Blue dCi 95 Advance) | 24 400 € (M BlueHDi 100) | 24 400 € (M BlueHDi 100) | 22 675 € (M diesel 100) — 23 600 € clés en main* |
| Volume utile | 3,3 m³ (L1), jusqu’à 3,9 m³ — 4,3 m³ (L2), jusqu’à 4,6 m³ | 3,3 m³ (M), jusqu’à 3,8 m³ — 3,9 m³ (XL), jusqu’à 4,4 m³ | 3,3 m³ (M), jusqu’à 3,8 m³ — 3,9 m³ (XL), jusqu’à 4,4 m³ | 3,3 m³ (M), jusqu’à 3,8 m³ — 3,9 m³ (XL), jusqu’à 4,4 m³ |
| Charge utile maxi (diesel)** | 891 kg (L2) | 991 kg (M charge majorée, BlueHDi 130) | 984 kg (M charge majorée) | 984 kg (M charge majorée) |
| Longueur utile maxi (trappe passe-long + siège rabattu) | 3,10 m (L1) / 3,50 m (L2) | 3,09 m (M) / 3,44 m (XL) | 3,09 m (M) / 3,44 m (XL) | 3,09 m (M) / 3,44 m (XL) |
| Motorisations | Blue dCi 95 et 115, TCe 130 essence — BVM6 ou EDC7 | BlueHDi 100 et 130, essence 110 — BVM6 ou EAT8 (130 seulement) | BlueHDi 100 et 130, essence 110 — BVM6 ou EAT8 (130 seulement) | Diesel 100 et 130, essence 110 — BVM6 ou BVA8 (130 seulement) |
| Version électrique | Kangoo Van E-Tech 120 ch, 45 kWh, 290 km WLTP (L1) — dès 33 500 € HT | ë-Berlingo Van 136 ch, 54 kWh, 337 km WLTP — dès 34 500 € HT | e-Partner 136 ch, 54 kWh, 337 km WLTP — dès 34 500 € HT | E-Doblò 136 ch, 54 kWh, 337 km WLTP — 33 500 € HT clés en main* |
| Charge utile électrique | 537 kg (L1) / 702 kg (cabine approfondie L2) | 781 kg (M) / 709 kg (XL) | 781 kg (M) / 709 kg (XL) | 781 kg (M) / 709 kg (XL) |
| Recharge | AC 11 kW, ou 22 kW sur la version AC22 — DC 80 kW, 15-80 % en 40 min | AC 7,4 kW (11 kW en option) — DC 100 kW, 0-80 % en 30 min | AC 7,4 kW (11 kW en option) — DC 100 kW, 0-80 % en 30 min | AC 7,4 kW (11 kW en option) — DC 100 kW, 0-80 % en 30 min |
| Consommation réelle | 5,3 l/100 km (essai L2 Blue dCi 115) — 14,5 à 14,9 kWh/100 km en E-Tech | 5,7 l/100 km sur le 1.5 BlueHDi 130*** — 18,6 kWh/100 km en électrique | Identique au Berlingo (mêmes organes) | Identique au Berlingo (mêmes organes) |
| Diamètre de braquage | 11,3 m (L1) / 12,5 m (L2) | 10,8 m (M) / 11,4 m (XL) | 10,8 m (M) / 11,4 m (XL) | 10,8 m (M) / 11,4 m (XL) |
| Hauteur | 1,85 à 1,86 m | 1,88 m | 1,88 m | 1,88 m |
| Entretien (diesel) | 30 000 km ou 2 ans | 40 000 km ou 2 ans | 40 000 km ou 2 ans (moteur identique au Berlingo) | 40 000 km ou 2 ans (moteur identique au Berlingo) |
| Garantie | 2 ans — batterie 8 ans / 160 000 km | 2 ans, jusqu’à 8 ans / 160 000 km via We Care (entretien réseau) | 2 ans (extension Peugeot Care payante) | 2 ans, anti-perforation 8 ans, assistance 10 ans |
| Réseau France (points de vente, 01/2026) | 3 184 (réseau Renault-Dacia) | 1 809 | 2 177 | 466 |
* Fiat facture séparément 750 € HT de transport et 175 € HT de frais de livraison et de plaques. Le prix « clés en main » est donc le seul directement comparable aux tarifs Renault, Citroën et Peugeot.
** Les charges utiles maximales correspondent aux versions à charge utile majorée, facturées au-dessus du prix d’entrée indiqué en première ligne. Un Doblò M diesel 100 à 23 600 € clés en main homologue 649 kg, pas 984 kg.
*** Aucun essai de presse ne publie, à notre connaissance, de consommation relevée sur le Berlingo Van, le Partner ou le Doblò en version fourgon. Les 5,7 l/100 km proviennent d’un relevé sur 1 500 km réalisé sur la version ludospace du Berlingo, plus légère : comptez davantage en fourgon chargé.
Deux enseignements sautent aux yeux. Le premier : les charges utiles annoncées en communication ne résistent pas aux fiches d’homologation. Renault annonce « jusqu’à 1 000 kg », Stellantis « jusqu’à 1 tonne » — les tarifs détaillés plafonnent respectivement à 891 kg et 991 kg. Cent kilos d’écart changent la donne pour un chargement de carrelage ou d’enduit. Notre guide sur la charge utile d’un véhicule utilitaire détaille comment lire les lignes F.2 et G de la carte grise pour éviter la mauvaise surprise à la livraison.
Le second : aucune des quatre ne dépasse 1,90 m à vide. Toutes franchissent donc les portiques de parking normés à cette hauteur — à condition de renoncer à la galerie de toit, qui annule instantanément la marge de 2 à 4 centimètres. Sous 1,80 m, aucune ne passe.
En ville : encombrement, braquage, visibilité
Les fourgonnettes passent l’essentiel de leur vie en milieu urbain, et c’est là que la plateforme Stellantis prend son premier avantage mesurable. À 4,40 m hors tout et 10,8 m de diamètre de braquage en taille M, le Berlingo, le Partner et le Doblò se garent où le Kangoo L1 (4,49 m, 11,3 m) demande une manœuvre de plus. L’écart paraît anecdotique sur le papier ; il se paie en minutes sur une tournée de vingt arrêts.
En version longue, le fossé s’élargit. Le Kangoo L2 mesure 4,91 m et tourne dans 12,5 m, contre 4,75 m et 11,4 m pour un Berlingo XL. Le Renault paie ici son empattement de 3,10 m — celui-là même qui lui donne son avantage de chargement. Les deux ne vont pas ensemble.
Renault marque un point sur un critère que les fiches techniques ne chiffrent jamais : l’accès latéral. Le système Sésame Ouvre-Toi supprime le pied milieu côté passager et libère 1,45 m de passage, contre environ 1,24 m pour l’ouverture latérale des trois Stellantis. Pour charger une palette par le flanc dans une rue étroite, sans pouvoir ouvrir les portes arrière, cette largeur décide de tout.

Sur la visibilité, les quatre se valent, avec une nuance de gabarit : la largeur avec rétroviseurs atteint 2,16 m sur le Kangoo contre 2,11 m sur les Stellantis. Cinq centimètres qui comptent dans un couloir de parking ou entre deux plots de chantier.
Verdict urbain : avantage Berlingo, Partner et Doblò pour la manœuvre pure ; avantage Kangoo dès qu’il faut charger par le côté.
Chargement : le détail qui départage
Le volume affiché masque l’essentiel. Les quatre modèles annoncent 3,3 m³ en version courte : strictement identique. L’écart se crée en version longue, et il est net. Le Kangoo L2 revendique 4,3 m³ de base, jusqu’à 4,6 m³ avec la cloison à trappe grillagée et le siège passager rabattu. Un Berlingo XL, un Partner XL ou un Doblò XL plafonnent à 3,9 m³, jusqu’à 4,4 m³ avec la cabine Extenso. Notre essai du Kangoo Van L2 Blue dCi 115 a mesuré 1,22 m sous hayon et 1,25 m entre passages de roue, avec 846 kg de charge utile disponible.
La longueur utile suit la même logique. Trappe ouverte et siège rabattu, le Kangoo L2 laisse passer 3,50 m, contre 3,44 m pour un XL Stellantis. Six centimètres, c’est peu — sauf pour des tubes de 3,50 m ou des plinthes en longueur, où le passage se joue au centimètre. En version courte, les valeurs sont équivalentes : 3,09 m côté Stellantis, 3,10 m côté Renault.
La charge utile inverse le classement. Un Berlingo Van M en charge majorée homologue 991 kg avec le BlueHDi 130, un Partner ou un Doblò 984 kg. Aucun Kangoo ne dépasse 891 kg. Pour un plaquiste ou un carreleur qui charge dense et court, le trio Stellantis reste le meilleur outil, même s’il embarque moins de volume — à condition de commander la version à charge majorée, plus chère que le prix d’appel affiché en concession.

Deux équipements méritent un détour parce qu’ils n’apparaissent dans aucun tableau comparatif.
- La galerie intérieure Easy Inside Rack de Renault. Fixée au plafond de la zone de chargement, elle déborde au-dessus de la cabine et permet de transporter 2,09 m (L1) ou 2,50 m (L2) d’objets longs et légers — escabeau, tubes, moulures — sans occuper le plancher ni ajouter de galerie de toit. À notre connaissance, c’est le seul dispositif du segment qui allonge la capacité sans coûter l’accès aux parkings souterrains.
- La cabine Extenso de Stellantis. Banquette passager repliable et trappe dans la cloison : elle libère 0,5 m³ et fait passer la longueur utile de 1,82 m à 3,09 m sur un modèle M. Elle est incluse dans le Pack Premium Connect, facturé environ 1 900 € HT au-dessus du fourgon 2 places.
Sur l’attelage et la galerie de toit, aucune des quatre ne se distingue vraiment. Le sujet qui pèse le plus lourd reste l’aménagement intérieur : 40 à 120 kg selon la configuration, à déduire directement de votre charge utile disponible. Nos comparatifs de kits d’aménagement chiffrent l’impact marque par marque.
Verdict chargement : Kangoo L2 pour le volume et la longueur, trio Stellantis pour le poids embarqué.
Électrique : laquelle choisir pour la livraison urbaine ?
C’est ici que le comparatif bascule, et pas dans le sens attendu. Le Kangoo Van E-Tech est la fourgonnette électrique la plus vendue de France — 4 060 unités au premier semestre 2026, soit 18,3 % du marché du VUL électrique, loin devant les autres fourgonnettes du segment : e-Partner (1 464) et ë-Berlingo (1 032). Sur la fiche technique, elle arrive en retrait sur les deux critères qui décident d’un achat électrique.
Le Kangoo E-Tech embarque 45 kWh pour 290 km WLTP en L1 et 537 kg de charge utile — Renault annonçait 600 kg au lancement en 2022, mais le configurateur 2026 est descendu à 537 kg. Un ë-Berlingo Van, un e-Partner ou un E-Doblò en taille M homologuent 54 kWh, 337 km WLTP et 781 kg. Soit 47 km d’autonomie et 244 kg de plus. Pour un livreur du dernier kilomètre qui transporte des colis volumineux mais légers, l’écart de charge utile importe peu. Pour un installateur qui charge des pièces lourdes, il est rédhibitoire : 537 kg, une fois retirés l’aménagement, l’outillage et le conducteur, ne laissent presque rien.
Renault conserve deux atouts invisibles sur la fiche d’autonomie. Le premier est la recharge alternative à 22 kW, disponible sur la version AC22 et absente du catalogue Stellantis, plafonné à 11 kW. Sur une flotte qui recharge au dépôt entre deux tournées, sans borne rapide, cette puissance divise le temps de charge par deux : 1 h 34 pour passer de 15 à 80 %, contre environ 3 h sur un Stellantis en triphasé. Le second est la sobriété : nos relevés et ceux de la presse spécialisée situent le Kangoo E-Tech entre 14,5 et 14,9 kWh/100 km, contre 18,6 kWh/100 km pour la plateforme Stellantis, soit près de 4 kWh d’écart.

Rapporté aux capacités réellement disponibles — 45 kWh que Renault annonce intégralement utilisables, contre 50,8 kWh utiles sur les 54 kWh bruts de Stellantis — ce différentiel de consommation inverse le classement. À 14,7 kWh/100 km, le Kangoo tient environ 305 km ; à 18,6 kWh/100 km, le trio Stellantis en couvre 275. L’avantage WLTP change donc de camp en usage réel. Deux réserves : ces relevés ont été effectués à vide, sur des protocoles différents, et il faut retirer 15 à 20 % d’autonomie dès que le véhicule est chargé.
Stellantis répond sur la recharge rapide : 100 kW en courant continu contre 80 kW chez Renault, et 30 minutes pour passer de 0 à 80 % contre 40 minutes de 15 à 80 %. Pour une tournée qui déborde et impose un appoint en cours de journée, l’avantage revient au trio.
Côté aide à l’achat, la réforme des certificats d’économies d’énergie du 1er juin 2026 (arrêté du 18 mai 2026) a redistribué les cartes. Une fourgonnette électrique dépasse 1,55 tonne à vide — un Kangoo Van E-Tech L2 pèse 1 750 kg — et relève donc de la tranche 1,55-2 tonnes, la mieux dotée après celle des grands fourgons. Sur leurs offres du 1er juillet au 31 août 2026, Renault affiche jusqu’à 6 160 € pour une personne morale sur le Kangoo Van E-Tech ; Citroën, Peugeot et Fiat annoncent 6 100 € HT sur les ë-Berlingo Van, e-Partner et E-Doblò. Ces montants ne sont pas des forfaits légaux en euros : ils résultent d’un volume de kWh cumac multiplié par un coefficient de bonification, puis converti au cours du CEE, qui varie d’une période d’offre à l’autre. Le détail du barème figure dans notre décryptage de la réforme CEE du 1er juin 2026.
La bonification repose sur deux conditions cumulatives : un assemblage dans l’Espace économique européen et une inscription sur la liste ADEME des véhicules écoscorés. Les quatre modèles sont assemblés en Europe, mais l’inscription se vérifie type-variante par type-variante : le 2 juillet 2026, nous avons trouvé le Kangoo Van E-Tech nommément inscrit sur la liste ADEME, sans y retrouver les versions Berlingo Van, Partner ou Doblò. Cette liste étant actualisée le dernier jour ouvré de chaque mois, contrôlez la vôtre sur l’outil ADEME avant de signer le bon de commande : entre aide bonifiée et aide de base, l’écart dépasse 4 000 €.
ZFE : ce qui s’applique en 2026, et ce qui ne s’applique pas
Le dossier ZFE a connu un rebond que beaucoup d’artisans ont mal suivi. L’Assemblée nationale a voté leur suppression le 14 avril 2026, le Sénat a confirmé le 15 avril, mais le Conseil constitutionnel a censuré la disposition le 21 mai 2026 (décision n° 2026-903 DC), au motif qu’elle constituait un cavalier législatif sans lien avec la loi de simplification qui la portait. Les zones à faibles émissions sont donc toujours en vigueur.
Ce que cela change pour une fourgonnette :
- Un diesel neuf est classé Crit’Air 2 et circule dans toutes les ZFE françaises en 2026. Aucune zone active ne restreint aujourd’hui le Crit’Air 2 ; à Lyon, l’échéance a été repoussée à 2028.
- Lyon verbalise depuis le 1er juillet 2026 les Crit’Air 3 et au-delà, 68 € pour un utilitaire léger, circulation et stationnement, 24 h/24.
- Le Grand Paris reste en phase pédagogique jusqu’au 31 décembre 2026, avec une verbalisation qui ne démarrera pas avant le 1er janvier 2027, sur les Crit’Air 3 et plus.
Acheter électrique en 2026 pour anticiper une interdiction du diesel neuf revient donc à anticiper une échéance qui n’est pas fixée. L’argument ZFE tient pour un véhicule que vous garderez huit ou dix ans, et pour une activité concentrée sur Lyon ou Paris intra-A86. Il ne tient pas comme motif d’achat immédiat : le levier économique de l’électrique est ailleurs, et il est chiffré dans la section suivante.
Verdict électrique : pour la livraison urbaine, le ë-Berlingo Van M, l’e-Partner M et l’E-Doblò M sont les meilleurs choix du segment, avec 781 kg de charge utile et une recharge 100 kW qui autorise un appoint de mi-journée. Le Kangoo Van E-Tech reprend l’avantage sur une flotte qui recharge exclusivement au dépôt, grâce à sa version AC22 et à son autonomie réelle supérieure — à condition que 537 kg suffisent.
TCO 3 ans / 60 000 km : ce que coûtent vraiment les quatre
Le coût d’usage a changé de nature en 2026. Le gazole est repassé au-dessus de 2 €/l le 15 juillet et atteignait 2,207 €/l au 30 juillet, en hausse de plus de 30 % sur un an sur fond de tensions au Moyen-Orient. Dans le même temps, le tarif réglementé de l’électricité a baissé de 0,83 % au 1er février, avec des heures creuses à 0,1579 €/kWh TTC. L’écart de coût énergétique atteint un niveau inédit.
Hypothèses retenues : 20 000 km/an sur 3 ans, achat comptant, versions d’entrée de gamme en taille courte, au prix de mise à la route (donc clés en main pour le Doblò). Gazole à 2,207 €/l TTC, soit 1,839 €/l HT. Électricité à 0,2296 €/kWh HT, correspondant à 70 % de recharge au dépôt en heures creuses et 30 % en charge rapide publique à 0,55 €/kWh TTC. Consommations réelles constatées, non homologuées. Aide CEE déduite du prix d’achat électrique. Entretien et usure estimés à 1 250 € HT en diesel — à 20 000 km/an, c’est le critère « 2 ans » qui déclenche la révision chez les quatre, pas le kilométrage, ce qui neutralise l’avantage d’intervalle de Stellantis — et minorés de 30 % en électrique, conformément aux écarts constatés en atelier. Assurance exclue : la prime est hors champ de la TVA et dépend de votre profil, pas du modèle. La TVA est récupérable à 100 % sur l’achat, le gazole et l’électricité pour un utilitaire de catégorie N1 : raisonner en HT est la seule lecture pertinente pour un professionnel.
| Poste (3 ans / 60 000 km) | Kangoo Van | Berlingo Van | Partner | Doblò |
|---|---|---|---|---|
| Prix diesel HT | 25 600 € | 24 400 € | 24 400 € | 23 600 € |
| Gazole | 5 850 € (5,3 l/100) | 6 290 € (5,7 l/100) | 6 290 € (5,7 l/100) | 6 290 € (5,7 l/100) |
| Entretien et usure | 1 250 € | 1 250 € | 1 250 € | 1 250 € |
| Total diesel | 32 700 € | 31 940 € | 31 940 € | 31 140 € |
| Prix électrique HT, CEE déduite | 27 340 € | 28 400 € | 28 400 € | 27 400 € |
| Électricité | 2 050 € (14,9 kWh/100) | 2 560 € (18,6 kWh/100) | 2 560 € (18,6 kWh/100) | 2 560 € (18,6 kWh/100) |
| Entretien et usure | 875 € | 875 € | 875 € | 875 € |
| Total électrique | 30 265 € | 31 835 € | 31 835 € | 30 835 € |
Trois lectures s’imposent.
L’électrique passe devant le diesel, mais très inégalement. Le Kangoo E-Tech creuse un écart franc de 2 435 € sur trois ans. L’E-Doblò gagne 305 €. Le ë-Berlingo et l’e-Partner ne gagnent que 105 €, soit 0,3 % : à cette échelle, l’arbitrage se joue sur votre profil de recharge, pas sur le tableau. Portez la part de charge rapide publique de 30 à 50 % et l’électrique repasse derrière le diesel sur ces deux modèles, à 32 565 € contre 31 940 €. La règle est simple à retenir : sans borne au dépôt, l’équation électrique ne tient pas sur ce segment.

Le poste énergie explique presque tout. De 5 850 à 6 290 € de gazole contre 2 050 à 2 560 € d’électricité, l’écart atteint 3 700 à 3 800 € sur trois ans. Ce basculement rejoint le TCO Scope 2026 de l’Arval Mobility Observatory, qui place pour la première fois le VUL électrique sous le thermique — 29 084 € contre 31 888 € — et chiffre l’avantage de l’e-Partner de 7,2 % à 60 000 km jusqu’à 18 % à 120 000 km, le ë-Berlingo suivant à 17,2 %. Attention à ne pas comparer les totaux : l’étude Arval porte sur 48 mois et 100 000 km et intègre la valeur résiduelle, ce que notre calcul ne fait pas.
Le Doblò reste le moins cher en diesel, avec 800 € d’avance sur le Berlingo et le Partner, frais de mise à la route inclus. Entre trois véhicules issus de la même chaîne, c’est le seul écart qui se chiffre.
Une précision méthodologique qui a son importance : nous n’intégrons pas de valeur résiduelle. Nous n’avons trouvé aucune cote publique à 36 mois et 60 000 km sur ces quatre modèles en 2026, ni en diesel ni en électrique. Ajouter une revente estimée aurait donné un total plus flatteur et beaucoup moins solide. Les chiffres ci-dessus sont donc des coûts de détention hors revente, comparables entre eux, et volontairement conservateurs. Pour affiner selon votre kilométrage annuel, notre dossier diesel, électrique ou hybride pour un artisan détaille les seuils de bascule, et notre analyse de l’entretien d’un utilitaire électrique chiffre l’écart avec le diesel révision par révision.
Verdict coût : Kangoo Van E-Tech en tête, E-Doblò juste derrière, à condition de recharger majoritairement au dépôt.
Le bon choix selon votre profil
Artisan seul, charges longues, chantier : Renault Kangoo Van L2
Le volume et la longueur utile ne se rattrapent pas. Avec 4,3 m³ de base, jusqu’à 4,6 m³ cloison à trappe ouverte et 3,50 m de longueur de chargement, le Kangoo L2 embarque ce qu’un Berlingo XL laisse au dépôt. L’ouverture latérale Sésame Ouvre-Toi à 1,45 m et la galerie intérieure Easy Inside Rack complètent un dispositif que Stellantis n’a pas. Le Blue dCi 115 en boîte EDC, mesuré à 5,3 l/100 km lors de notre essai, reste la combinaison la plus rationnelle en usage mixte ville-route. Contrepartie assumée : 4,91 m de long, 12,5 m de braquage et une centaine de kilos de charge utile en moins qu’un Stellantis en charge majorée.
Livraison urbaine et flottes en ZFE : Citroën ë-Berlingo Van M
781 kg de charge utile, 337 km WLTP, 3,3 m³ et 10,8 m de braquage : le meilleur compromis électrique du segment. La garantie We Care jusqu’à 8 ans ou 160 000 km, tant que les entretiens passent par le réseau Citroën, sécurise une détention longue — aucun concurrent direct ne le propose de série. La recharge continue à 100 kW autorise un appoint de trente minutes en milieu de tournée. Deux réserves : le chargeur alternatif de série plafonne à 7,4 kW, ce qui rend l’option 11 kW quasi obligatoire dès que vous rechargez au dépôt sur des créneaux courts ; et l’avantage de TCO sur le diesel se compte en dizaines d’euros, pas en milliers.
Flotte de services et gros rouleurs : Peugeot e-Partner ou Partner BlueHDi 130 EAT8
Mécaniquement identique au Berlingo, le Partner se distingue par un réseau de 2 177 points de vente — argument décisif dès lors que plusieurs véhicules sont répartis sur un territoire et qu’une immobilisation coûte une journée de chantier. C’est aussi le modèle du segment le mieux documenté par l’Arval Mobility Observatory, qui chiffre l’avantage de l’e-Partner sur son équivalent diesel à 7,2 % sur 60 000 km et jusqu’à 18 % sur 120 000 km : plus vous roulez, plus l’écart se creuse. Pour un usage majoritairement autoroutier, le BlueHDi 130 associé à la boîte EAT8 reste le choix sûr, l’électrique perdant son avantage dès que la recharge rapide publique domine.
Budget d’acquisition contraint : Fiat Doblò
Même plateforme, mêmes moteurs, mêmes cotes de chargement, mêmes 984 kg de charge utile qu’un Partner — pour 800 € HT de moins, frais de mise à la route compris. En électrique, l’E-Doblò à 33 500 € HT clés en main affiche 1 000 € d’avance sur ses cousins et ressort deuxième de notre classement TCO. Cette économie a un prix, et il tient en un chiffre : 466 points de vente Fiat Professional en France, contre 1 809 pour Citroën et 2 177 pour Peugeot. Si vous travaillez en zone dense avec une concession à vingt minutes, l’affaire est excellente. Si votre atelier le plus proche est à une heure de route, l’économie initiale se rembourse dès la première immobilisation.
FAQ
Quelle est la meilleure fourgonnette en 2026 ?
Aucune des quatre ne domine sur tous les critères. Le Renault Kangoo Van L2 remporte le volume et la longueur utile, avec 4,3 à 4,6 m³ et 3,50 m de chargement. Le Citroën Berlingo Van, le Peugeot Partner et le Fiat Doblò, techniquement identiques, remportent la charge utile (jusqu’à 991 kg), la maniabilité (10,8 m de braquage) et l’électrique (337 km WLTP, 781 kg). Sur le coût de détention à 3 ans et 60 000 km, le Kangoo Van E-Tech arrive en tête à 30 265 € HT, devant le Fiat E-Doblò à 30 835 €.
Kangoo ou Berlingo : lequel choisir ?
Choisissez le Kangoo si vous transportez du volume ou des charges longues : 0,4 m³ et 6 cm de longueur utile de plus en version longue, une ouverture latérale de 1,45 m et une galerie intérieure sans équivalent. Choisissez le Berlingo si vous transportez lourd et court, si vous manœuvrez beaucoup en ville, ou si vous passez à l’électrique : 991 kg de charge utile en diesel, 781 kg et 337 km WLTP en électrique, 10,8 m de braquage et une garantie extensible à 8 ans via We Care. Notre comparatif Kangoo vs Berlingo par activité décline l’arbitrage métier par métier.
Quelle fourgonnette électrique a la meilleure autonomie ?
Le trio Stellantis sur le papier, à égalité stricte : ë-Berlingo Van, e-Partner et E-Doblò annoncent 337 km WLTP avec une batterie de 54 kWh, contre 290 km pour le Kangoo Van E-Tech en version courte (45 kWh). En usage réel, le classement s’inverse : le Kangoo consomme 14,5 à 14,9 kWh/100 km contre 18,6 kWh/100 km relevés sur la plateforme Stellantis, ce qui lui donne environ 305 km d’autonomie effective contre 275 km. Retirez 15 à 20 % dès que le véhicule est chargé.
Quelle fourgonnette a le plus grand volume de chargement ?
Le Renault Kangoo Van L2, avec 4,3 m³ de série et jusqu’à 4,6 m³ en rabattant le siège passager et en ouvrant la cloison à trappe. Les Berlingo Van XL, Partner XL et Doblò XL plafonnent à 3,9 m³, et jusqu’à 4,4 m³ avec la cabine Extenso. En version courte, les quatre sont à égalité à 3,3 m³, extensibles à 3,8 m³ côté Stellantis et 3,9 m³ côté Renault.
Pour aller plus loin. Si ces 4,6 m³ ne suffisent plus, notre comparatif Trafic vs Expert vs Transit Custom vs Vivaro prend le relais sur le segment supérieur, et notre top des grands utilitaires couvre les fourgons de 8 à 17 m³. Pour toutes les questions de recharge, d’autonomie et de fiscalité liées au passage à l’électrique, nos 10 questions les plus fréquentes sur les utilitaires électriques font le tour du sujet.




