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Amortir son utilitaire : durée, linéaire ou dégressif, l’aménagement à part

L’amortissement est la façon dont le prix du fourgon passe en charges, année après année. Sur un véhicule de tourisme, il est plafonné : 18 300 €, 9 900 € pour les plus émetteurs, 30 000 € pour un électrique, et tout ce qui dépasse ne se déduit jamais. Sur un utilitaire N1, aucun plafond : un Master à 48 000 € s’amortit en entier. C’est l’un des avantages fiscaux les plus solides du VU, et l’une des raisons pour lesquelles la question des places sur un pick-up compte autant. Ce guide explique la durée, le choix entre linéaire et dégressif, le traitement de l’aménagement et des options, et les cas de l’occasion et de la location.

La règle en une phrase : un utilitaire s’amortit sans plafond, sur quatre à cinq ans en général, en linéaire ou en dégressif, et son aménagement s’amortit à part sur sa propre durée.

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Pas de plafond sur un utilitaire

Le plafonnement de l’article 39-4 du code général des impôts vise les véhicules de tourisme. Un véhicule dont la carte grise porte CTTE, VASP ou DERIV VP, sans banquette arrière, échappe au plafond et s’amortit sur sa valeur d’achat hors TVA récupérable, options et frais de mise à la route compris. Le pick-up double cabine 5 places est un véhicule de tourisme depuis 2024, donc plafonné ; le 4 places échappe au plafond mais perd la TVA ; le sujet est détaillé dans le guide de l’utilitaire pour agriculteur. Le dérivé VP, une voiture transformée en deux places, s’amortit comme un utilitaire, comme l’explique l’article sur le dérivé VP.

La durée : quatre à cinq ans, parfois plus

La durée d’amortissement suit la durée d’usage prévue dans l’entreprise. L’usage admet quatre à cinq ans pour un utilitaire, soit 20 à 25 % par an en linéaire. Un artisan qui garde ses fourgons huit ans peut retenir six ou sept ans, ce qui réduit la charge annuelle mais l’étale ; un gros rouleur peut justifier quatre ans. La durée retenue doit être cohérente avec la pratique réelle, et un véhicule totalement amorti mais toujours en service ne pose aucun problème. Le guide de la durée de vie d’un utilitaire donne des repères d’usage.

Linéaire ou dégressif

Le linéaire répartit le prix à parts égales : 40 000 € sur cinq ans, 8 000 € par an, au prorata des mois la première année. Le dégressif, réservé aux biens neufs dont la durée d’usage est d’au moins trois ans, applique un coefficient au taux linéaire, 1,75 pour cinq ans, ce qui donne 35 % la première année sur la valeur restante, puis des annuités décroissantes, avec passage au linéaire quand il devient plus favorable. Sur le même Master, le dégressif déduit 14 000 € la première année contre 8 000 € en linéaire. Le total déduit est identique sur la période ; seule la répartition change. Le dégressif convient à l’artisan qui veut alléger le résultat des premières années, après un gros investissement ou une année de fort bénéfice. Il ne s’applique pas à l’occasion.

L’aménagement, la galerie, le rack : des immobilisations à part

Un rayonnage, un rack à verre, une galerie, une cloison, une benne montée après achat sont des immobilisations distinctes, avec leur propre durée d’amortissement, en général cinq à dix ans pour un aménagement démontable et réutilisable, et leur propre TVA récupérable. Les amortir à part permet de les conserver et de les transférer sur le véhicule suivant sans effet fiscal, ou de les sortir si le fourgon est revendu nu. Un aménagement facturé avec le véhicule par le concessionnaire peut être ventilé sur demande. Les guides de l’atelier mobile et de l’utilitaire du vitrier donnent des ordres de prix.

Occasion, LOA, LLD

Un utilitaire d’occasion s’amortit sur sa durée d’usage résiduelle, souvent trois à quatre ans, en linéaire uniquement, sur le prix payé, TVA récupérable si le vendeur est assujetti. En LOA, le véhicule n’est pas au bilan : les loyers passent en charges, non plafonnés pour un VU, et le véhicule s’amortit à la levée d’option sur sa valeur résiduelle. En LLD, seuls les loyers passent en charges. Le guide du coût de revient compare ces montages sur la durée.

Ce que l’amortissement fait à la revente

Un utilitaire amorti a une valeur nette comptable qui baisse chaque année. À la revente, la différence entre le prix de vente et cette valeur est une plus-value professionnelle, imposable, ou une moins-value déductible. Un fourgon vendu 15 000 € alors qu’il est totalement amorti génère 15 000 € de plus-value, à court terme, réintégrée au résultat. Le sujet, et les exonérations possibles, sont détaillés dans le guide de la revente d’un utilitaire professionnel.

FAQ

Sur combien d’années amortir un utilitaire ?

Quatre à cinq ans en général, davantage si l’entreprise garde ses véhicules plus longtemps. La durée doit correspondre à l’usage réel.

L’amortissement d’un utilitaire est-il plafonné ?

Non pour un VU N1 (CTTE, VASP, DERIV VP). Les plafonds de 18 300, 9 900 et 30 000 € ne concernent que les véhicules de tourisme, pick-up 5 places compris.

Faut-il choisir le dégressif ?

Sur un véhicule neuf, il déduit davantage les premières années, à total égal. Utile après un gros investissement ou une bonne année. Pas possible sur l’occasion.

L’aménagement s’amortit-il avec le véhicule ?

Non, à part, sur sa propre durée, souvent cinq à dix ans, avec sa TVA. Cela permet de le transférer sur le véhicule suivant.

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